Jouets “genrés” : poupées pour les filles, camions pour les garçons ?

Certains enfants ont une relation intense avec les voitures jouets et les jouets à roues en général. Est-ce à cause de la façon dont leur cerveau est câblé, ou est-ce qu’il y a autre chose qui se joue ? Est-ce uniquement dû aux stéréotypes véhiculés par la société ?

Jouets, sexe et tests

Si vous pensez que les garçons étaient plus susceptibles de devenir un peu fous de voitures et de camions, la réalité peut vous donner raison : ainsi une étude a montré que, lorsque vous regardez les enfants jouer et que vous leur donnez toute une gamme de jouets, vous avez tendance à voir qu’en moyenne les garçons jouent avec des choses comme des camions, des quads enfants, des voitures, des choses qui bougent, des choses qui interagissent entre elles de manière physique. Les filles ont tendance, toujours en moyenne, à jouer à la poupée, en interagissant davantage les unes avec les autres, développant des atouts sociaux plus rapidement.

Très tôt, quand ils jouent seuls, il est plus probable que ce soit leur propre préférence individuelle et que cela vienne de ce qu’ils trouvent intéressant. Mais à mesure que les enfants grandissent et se développent, d’autres facteurs entrent en jeu. Lorsqu’ils grandissent et qu’ils jouent ensemble – donc à quatre ou cinq ans – il est naturel que vous commenciez à avoir ce genre d’influence sociale.

L’influence sociale joue un rôle prépondérant, dès l’âge de 4 ou 5 ans 

Ainsi, si une jeune fille veut vraiment jouer avec un camion mais que tous ses amis jouent avec des peluches ou des poupées, et qu’elle veut avoir quelqu’un avec qui jouer, il est naturel qu’elle aille jouer avec le jouet… choisi par ses semblables.

Quid de la théorie de l’évolution  ?

Les chercheurs continuent à examiner les théories concernant les enfants, le jeu et les jouets préférés, mais note qu’une suggestion particulière est que l’évolution pourrait entrer en jeu. Les hommes et les garçons étaient traditionnellement les chasseurs-cueilleurs, et avaient besoin d’une bonne compréhension des outils et de l’espace tridimensionnel. Les femmes et les filles étaient chargées de tâches de soins et de maintien de la cohésion de la communauté.

On pourrait donc penser que les jeunes garçons regrouper les camions et les voitures dans la même catégorie que certains de leurs autres êtres vivants préférés. Si vous pensez à un camion avec de gros phares, ils ressemblent un peu à des yeux. Il bouge, donc on dirait qu’il a sa propre façon de vivre, à la manière d’un animal primitif. Les enfants pensent donc aux camions de la même manière qu’ils pensent aux animaux ou aux dinosaures. C’est un objet qui bouge et qui fait des choses intéressantes.

On l’observe d’ailleurs très bien : les garçons donnent à leurs petites voitures des caractères, pouvoirs et mêmes des voix qui leurs sont propres.

Tout n’est pas une question de genre

Si le sexe peut certainement influencer les choix de jouets des enfants, il y a beaucoup d’autres choses en jeu lorsqu’il s’agit de ce genre d’intérêt fervent. Il ne s’agit pas seulement de camions et de jouets, car les enfants de cet âge peuvent être obsédés par les insectes et les coléoptères. Ils peuvent être obsédés par les aspirateurs. Ils peuvent être obsédés par un grand nombre de choses et nous ne savons pas vraiment pourquoi !

“Nous ne savons pas quelles caractéristiques individuelles font qu’un enfant est obsédé par une tortue par exemple et qu’un autre est obsédé par un camion de pompiers”, note une psychiatre. Les chercheurs appellent ce phénomène “intérêts extrêmement intenses”. Les intérêts extrêmement intenses (ou IEI) sont observés chez environ un tiers des enfants d’âge préscolaire et commencent à apparaître vers 18 mois.

Une autre étude note que les enfants ont des façons uniques de jouer et qu’ils contournent les suppositions que beaucoup d’adultes font sur les jouets, en les “piratant” pour les adapter à leur propre style de jeu. “J’ai vu des petits garçons ramasser des voitures, les envelopper dans des couvertures et se balancer d’un côté à l’autre. Et j’ai vu des petites filles utiliser des poupées comme un camion”, explique la psychiatre qui étudie les comportements des enfants.

“En tant qu’adulte, nous considérons ces jouets comme très catégoriques. Les jeunes enfants, je ne pense pas qu’ils le fassent autant. Vous savez que vous n’avez pas besoin d’une poupée pour prendre soin de vous et vous n’avez pas besoin d’un jeu de construction pour apprendre la façon dont les choses solides interagissent les unes avec les autres”.

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